lundi 2 avril 2012

Tri sélectif

Depuis quelque temps, vu l'évolution d'internet, vu dailymotion-youtube-facebook-wikipedia-deezer et toutes ces plateformes de stockage et de partage de contenu, l'intérêt d'un site officiel me semble avoir changé. On ne se promène plus sur internet pour s'immerger dans des projets multimédia complexes et originaux. On vient chercher ou partager des documents : des informations, des histoires, des images, des sons, et on veut y accéder facilement, rapidement. 

J'ai eu trois beaux sites créés l'un après l'autre par de véritables artistes du genre à l'occasion de la sortie de chacun de mes albums, respectant ou développant à chaque fois un concept, une architecture et un visuel particulier. Ces sites s'appelant toujours www.albindelasimone.com, ils se sont annulés l'un l'autre et leurs contenus ont disparu à chaque nouvelle version. Disparus les textes de mon journal, les forums, les films que j'avais faits pour présenter mes instruments, mes dessins, ceux de mes visiteurs... Disparu, tout ce qui se rattachait à mes précédents projets. 
En revanche, j'ai remarqué qu'en tapant mon nom sur Google, je pouvais trouver de tout... et n'importe quoi. Du contenu officiel et non-officiel de qualité très variable : Des clips ou captations de concerts avec une image et un son de belle qualité, des entrevues assumables dans lesquelles j'ai réussi à dire à peu près clairement ce que je voulais dire, mais aussi des images plus discutables dans lesquelles j'apparais les cheveux gras en t-shirt tâché, un doigt dans le nez en train d'imiter le singe pour faire rire mon ami Bubu dans un supermarché, des extraits de concerts où j'apparais au piano derrière un chanteur, en tout petit, filmé depuis le fond du zénith de Dijon par un téléphone nokia de 1974, etc. Bref je passe de la joie à la honte, de la fierté au dégoût en quelques clics innocents. Tout ça sans autre critère de tri que le nombre de visites ou la date de mise en ligne. Qualitativement, vous m'accorderez que ce sont rarement des critères valables.

J'ai donc eu envie de créer un espace simple dans lequel je pouvais réunir simplement les différentes choses que je trouvais montrables de mes activités. Des textes, des films, de la musique, des archives. Officiels ou non, mais "validés" par moi, et simplement classés. 

Bienvenue donc dans mon tri sélectif !

Albin


lundi 9 janvier 2012

Mort en plein air



Mort en plein air, nouvelle chanson...
Filmée par Fred Poulet (dont j'aime les films et les chansons !) dans une installation de Philippe Quesne intitulée "le Jardin des hommes invisibles". Ladite installation était installée à la galerie Schirman et de Beaucé à Paris. Elle est, à l'origine, le décor du spectacle "La Mélancolie des Dragons", du fameux Philippe Quesne dont je vous recommande tout.
Vous suivez ?

dimanche 21 août 2011

Drôle d'endroit pour une rencontre






Cet été. Neuf places, six occupées. Au volant, Tesh, notre régisseur. À sa droite, JeanBeatles, sonorisateur. Derrière, Pascalou Colomb endormi, François Lasserre lisant un livre de planètes. Entre eux, un siège vide avec bouteille de Yop, eau et emballages de sandwich triangulaires. Derrière eux, Raphaël qui coupe des fruits sur son iphone, et moi… pareil. Nous roulons à cent-trente sur la voie du milieu. Il fait plutôt chaud. Tout va bien. On est toujours calmes quand on revient de concert. Fatigués, même. De toute façon, le moteur et le squelette branlant du minibus font un bruit tellement sourd que nous ne pouvons discuter sans hurler. 
Rien donc ne trouble notre retour à la maison, jusqu'à ce que - une dizaine de kilomètres avant d'arriver au péage de St-Arnoult en Yvelines - nous entendions un bruit derrière nous. Un bruit régulier de tôle tabassée. Boing boing boing. Le bruit se rapproche bizarrement. Boing boing boing. Nous ne voyons rien car le minibus est aveugle de l'arrière, mais, après avoir regardé dans le rétroviseur extérieur, Tesh pousse cri de stupéfaction.
Tout se passe très vite. Le bruit nous double par la gauche, accompagné du hurlement du moteur d'une moto de course. Nous ne le distinguons pas précisément tant il roule vite mais nous comprenons que le pilote conduit son bolide de la main droite et tape sur la rambarde de sécurité de la main gauche. Boing boing boing. Comme s'il tapotait la glissière d'un escalier roulant. Sauf que cela se passe à 200 km/h sur l'autoroute et qu'il tabasse une rambarde en métal. 
En criant, Tesh fait un écart pour le laisser passer. Raphaël avale son iphone. Le Yop et les triangles tombent. Nous crions. Le minibus fait un zigzag et retrouve son équilibre. Devant, la moto disparait rapidement à l'horizon, nous confirmant ce que nous avions cru voir. Boing boing boing...
Nous sommes tellement interloqués qu'aucun de nous six ne parvient à rompre le silence avant le péage, qui survient quelques minutes plus tard. 

X  X  X  X  X  X  X  X  X  X  X  X  X  X  X  X  X  X  O  O  O

Dix-huit petites croix rouges lumineuses pour seulement trois flèches vertes qui nous aiguillent vers les cabines de droite. Passé la caisse, nous remarquons un attroupement sur le parking devant le poste de gendarmerie. Nous ralentissons par curiosité et remarquons que les gendarmes ont arrêté notre motard. Il est debout à côté de sa moto, entouré de gens en uniforme et s'apprête à retirer son casque.
Nous ralentissons encore. Nous sommes à cinq mètres de lui. Il tire son casque vers le haut. Ses longs cheveux bruns retombent sur son visage. Un visage d'homme. Malgré, ou grâce à ses lunettes de soleil, nous le reconnaissons sans hésiter :
C'est Gilbert Montagné.


dimanche 8 mai 2011

Ici hier




Une nouvelle chanson filmée au Ciné 13 par Sandra Loterstein et Xavier Bazoge, enregistrée par Pierre-Antoine Durand.
Cette chanson reflète bien l'ambiance des quelques 80 concerts solo (souvent non-amplifiés) que j'ai faits cette année à droite à gauche. Je pense qu'elle reflète aussi très bien l'atmosphère de mon prochain album.

samedi 26 février 2011

Rossignol



Je suis bien.
Je ne sais pas quelle heure il est, ni où je suis. Je ne sais pas grand chose mais je suis bien. Je m'éveille doucement sur la lune, ou sous la mer. Il fait jour et nuit, froid et chaud. Mon corps est plus lourd que d'habitude, engourdi et désorienté. Tout semble un peu flou. Je ne ressens ni douleur ni inconfort, plutôt un halo de douceur rayonnant autour de mon ventre au rythme des battements de mon cœur. Mes membres flottent partout autour de moi. Je suis bien.
Je distingue un son. Une voix. Une voix de femme. Je ne comprends pas les mots qu'elle prononce mais elle est très douce, elle a l'air de vouloir me rassurer. Ça m'inquiète. 

Je tente d'ouvrir les yeux, ils ne répondent pas. La voix de femme me répète les mêmes mots rassurants. Je remarque au loin d'autres voix beaucoup moins rassurantes. Des cris. Je ne comprends pas non plus ce qu'ils disent. Je tente encore d'ouvrir les yeux, mais la luminosité aveuglante m'en empêche. J'entends un tapotement lointain. Le son se rapproche. On dirait un hélicoptère. La voix de femme change de mots. Il y a une autre voix, un homme. Moins doux, il a l'air pressé et sa présence ne me rassure pas du tout. Il me semble que petit à petit, mon bien-être se change en malaise. Au prix de grands efforts, j'arrive enfin à ouvrir un œil. Je ne vois que du ciel et un objet rouge, tout près de mon visage. Je connais cette chose de plastique rouge. Au loin une femme crie "Oh mon dieu !". Je commence à avoir froid partout. Mon malaise devient angoisse. Je tente en plissant l'œil de lire une inscription blanche sur l'objet rouge. Rossignol. Rossignol, c'est ma chaussure de ski. Que fait elle à cet endroit. Mon pied. C'est impossible. Je me crispe. Je.




Ce texte a été écrit à la demande de Jérôme Rebotier en vue d'un futur projet... à suivre.

vendredi 25 février 2011

WEE-SHEE


Québec, 24 février 2011, minuit. Après mon concert au théâtre du Petit Champlain, je retrouve des amis au Cercle, une galerie-bar-boîte agréable à partir du second rhum, dans laquelle Sheezer, un groupe de cinq nièces de Toronto reprend les grands tubes du groupe Weezer en frappant et chantant fort. Moi je ne connais pas Weezer alors je n'ai même pas le plaisir de me souvenir des versions originales. C'est un peu nul mais drôle. Et sympa.






Au bout de quelques minutes d'une conversation ayant pour thème mon incompréhensible méconnaissance du groupe Weezer, Francis, amical ami d'ami, me fait une étrange révélation qui j'espère ne changera pas le cours de ma vie.
Il y a quelques années, à la période où mon second disque venait de sortir au Québec et passait sur Radio Canada, Francis et son amie se promenant en forêt la main dans la main ont trouvé un chat abandonné. Profondément touchés par la solitude du matou et sans doute en quête d'un futur commun, ils ont décidé d'en faire leur enfant, et l'ont baptisé... Albin. 
Mais à mieux y regarder, le chat avait une chatte, faisant du chat une chatte.
Qu'à cela ne tienne, la chatte s'est appelée Albin.



Weezer - Sheezer
Chat - Chatte


Malheureusement cet étonnant compte de fées n'a pas eu la fin réglementaire : Albin est morte il y a trois mois dans leur sèche-linge.
Cuite.

jeudi 10 février 2011

CoO CoO




réalisation Julien Ravoux
assistante réalisation Emmanuelle Gachet
avec Antoine Romana
maison : CcO Architectes
musique : Albin de la Simone

produit par CoO Architectes
http://www.cooarchitectes.blogspot.com/

Une telle maison méritait bien un premier rôle, non ?

vendredi 14 janvier 2011

PAN !








Pistolet à plomb, carabine à plomb. La mode des armes à plomb a dû traverser la France dans les années soixante-dix, car en parlant avec d'autres de ma génération, je remarque qu'il n'était vraiment pas rare qu'une arme et quelques cibles traînent au fond d'un placard, à peine dissimulés. Le monde change. Il n'était pas inimaginable à cette époque qu'un père s'entraîne au tir avec son enfant. Et il n'était pas hallucinant que l'enfant puisse retrouver l'arme sans difficulté, le mercredi quand il rentrait du collège, deux heures plus tôt que le reste de la famille.
L'enfant de douze ans, ce jour-là, c'était moi. Deux heures hebdomadaires à combler. C'était le printemps, il faisait beau, et j'avais déjà passé les mercredis froids et sombres de l'hiver à fouiller la maison à la recherche d'images potentiellement érotiques ou du moins instructives. Ce moment était celui de l'interdit, du secret. Moi, seul dans la maison. Il n'était pas question de travailler. Une séance de tir au pistolet à plomb était bien plus adéquate.
Je m'étais installé sur la terrasse qui longeait la maison de bout en bout, côté jardin. Une longue bande de carrelage rouge à laquelle ma cible, punaisée sur un manche de bêche, donnait des airs de stand de tir. Tantôt Montand tantôt Delon, j'alternais les poses. De mon point de vue, tout était absolument réel. Et ça l'était.
À cette époque Julia et Enzo devaient être âgés de six et neuf ans, ils aimaient avoir un ami de douze ans, et moi j'aimais avoir ces petits amis qui constituaient en quelque sorte mon premier public. Ils étaient entrés, s'étaient installés sur les marches à mes côtés n'attendant rien de moi que le début du spectacle. Et je leur en donnais, du spectacle. Un tir de dos, un tir "french-cancan", un tir tête en bas entre les jambes... Parce que j'étais un grand de douze ans, chaque action était précédée d'un instant pédagogique. Précision + sagesse = sécurité. Je leur montrais un canon vide, un canon chargé. Leur expliquais le principe de l'air comprimé : lorsqu'on presse la détente, le pistolet libère soudain dans le canon une décharge d'air qu'il gardait comprimé. L'air en sortant propulse un petit plomb en forme de diabolo que nous avions placé à l'entrée du canon. Là. Dans ce sens. Simple comme bonjour. Canon vide. Canon chargé. Si personne ne met de plomb, il est vide. Pour l'instant il est vide, on voit le ciel au travers. Vu ?
Mon public était ravi. Après un court entracte, je décidais de faire passer l'intensité dramatique au cran supérieur. Attention les amis, maintenant, je vais me suicider sous vos yeux. Je plaçais le canon (vide) sur ma tempe. Les enfants n'en croyaient pas leur yeux. Mais que... Ne vous inquiétez pas, je sais parfaitement où je vais, j'ai douze ans.
Pan.
Merde.
Je restais debout l'œil dans le vide, l'arme balançant au bout de mon bras. J'essayais de comprendre la nature de ce pincement douloureux. Certainement l'air comprimé, une décharge bien appuyée contre la tempe, ça ne peut pas faire de bien. Mais quand même. Je m'affalais sur un fauteuil et enjoignais mes deux camarades de rentrer chez eux dans la plus grande discrétion, ce qu'ils faisaient sans discuter. Et me laissais aller, m'enfonçant de plus en plus profondément dans le fauteuil, le bras armé pendant par dessus l'accoudoir. Les derniers rayons du soleil formaient un peigne au travers des rangs de peupliers. Un vent frais caressait mon front. Tandis que je perdais connaissance, un filet de sang descendait le long de ma joue. Al Pacino.

Personne n'aimerait être ma maman en cette fin d'après-midi.
Son cri et la chute de ses sacs me réveillaient. Je n'étais donc pas mort. Réalisant l'horreur que représentait cette scène pour ma mère, je me dépêchais de lui expliquer qu'il n'y avait pas de plomb dans mon crâne, que j'avais simplement été tapé par l'air comprimé. La douleur et l'absence de goûter m'avaient ensuite fait tourner la tête. Mais j'allais bien. Et c'était vrai. Mais tout de même, nous partions à la ville faire une radio.
Le radiologue nous présentait un premier cliché : ma tête de profil. Au centre de mon crâne, juste au dessus de l'oreille. En suspension. Un petit diabolo de plomb, ratatiné. Comme au beau milieu de mon cerveau. Mais ?! Ça n'est pas possible, pas LÀ !! Pas en plein milieu ! Je devrais être MORT ! Calmez-vous. De profil, comment voulez-vous qu'on sache s'il a pénétré la boîte crânienne ou s'il est écrasé dessus... Attendons le cliché de face. Le radiologue sortait et rentrait à nouveau dans la pièce nous tendant un second cliché. Ma tête de face. Et au dessus de mon oreille, clairement HORS de mon cerveau, le petit diabolo de plomb écrasé contre l'os semblait me dire "que cela te serve de leçon".





Le médecin remarqua que le plomb, après s'être écrasé contre mon crâne, avait ripé de quelques centimètres sous la peau, mais vers où. Il allait falloir suivre son trajet pour aller le chercher. Pour cela, il fallait glisser une sorte d'aiguille à tricoter dans le trou et tâtonner jusqu'à toucher le plomb. On ne pouvait, bien évidemment, pas anesthésier pour cela. Une fois le plomb localisé (tic ! tic ! tic !) il fallait mémoriser l'itinéraire pour le reproduire avec une pince à épiler géante. Mais cette pince passait mal. Elle avait des difficultés à attraper le plomb (tic ! tic !) et à le tirer vers l'air libre sans le lâcher (tuc !). J'avais de la fièvre.
Mes ongles, mes dents, mes orteils s'enfonçaient les uns dans les autres.
Tout semblait me dire "que cela te serve de leçon".
Ce fut le cas.



mardi 21 décembre 2010

Carnaval animal !





Extraits du spectacle "Le Carnaval des animaux"
D'après Camille Saint-Saëns
Mise en scène Corinne et Gilles Benizio
Textes de Pierre-Dominique Burgaud, Corinne et Gilles Benizio
Arrangement musical : Albin de la Simone

Avec les comédiens-magiciens Carmelo Cacciato et Bertrand Crimet

Et les musiciens :

Lorraine Tisserant : voix et percussions
Marie Gremillard : violoncelle
Vadim Sher : Wurlitzer
François Lasserre : guitare, banjo et direction

vendredi 17 décembre 2010

Dans le métro ce matin

1240€ par mois / 151 heures = 8,2€ par heure.
8,2 / 60 minutes = 0,1366€ par minute.

Je suis moins cher qu'un appel.

mardi 14 décembre 2010

Les vaches





J'ai écrit et enregistré Les vaches à la maison pour le cinquième numéro d'une compilation de berceuses originales et gratuites : Have a good night. Vous pouvez télécharger librement cette compilation et envoyer vos enfants au 8ème ciel en cliquant sur le lien suivant :


HAVE A GOOD NIGHT #5


Les images (de vaches) planantes sont de Dom Labreuil

jeudi 11 novembre 2010

La journée de la gentillesse

Ce matin, rentrant de concert à Tours, je monte dans le TGV avec un sac plein de matériel très lourd, un sac à dos, un sac de costume et un clavier sur un chariot à roulettes. Le TGV est bondé, quinze personnes poussent derrière moi. Je suis en sueur et très stressé. Une dame âgée venant du centre du wagon décide de changer de voiture à ce moment précis, à contresens de toutes les personnes qui sont en train de monter dans la rame, dont moi.
Je fais la gueule et lui dit "vous voulez vraiment passer MAINTENANT ?" elle me répond en poussant vers l'avant "laissez-moi passer".
Moi : "pfffffff" en galérant pour la laisser passer. À ce moment une dame assise me dit "c'est la journée de la gentillesse". Moi, "Ah bon ? Ben elle a mal commencé !"
La dame me répond avec un ton d'institutrice :
"C'est vrai, mais vous aurez tout le temps de vous rattraper".
Ben merde !

samedi 30 octobre 2010

Vanessa Paradis par ADLS


Article paru dans le magazine Serge (version longue)


Je connaissais déjà Vanessa Paradis depuis quelques jours quand je l'ai véritablement rencontrée.
Nous étions une bande d'amis réunis autour d'elle et nous enregistrions depuis plusieurs jours ce qui allait être l'album Divinidylle. Nous jouions tous ensemble, casque sur les oreilles, et Vanessa chantait avec nous de l'autre côté de la vitre à côté de l'ingénieur du son. Il faut savoir que tous les disques ne se font pas comme ça, c'est une méthode plutôt "à l'ancienne".
Nous avions déjà mis plusieurs chansons en boîte les jours précédents dans une ambiance très détendue, mais ce soir-là, nous restions bloqués depuis des heures sur la chanson Junior Suite que nous avions déjà essayée dans trois versions différentes. Une très pop-baba-cool (trop), une très slow (trop) et une autre simplement moche. Nous étions découragés, il était très tard. Je me souviens que je voulais rentrer. Mais Matthieu Chedid avait proposé que nous en tentions une dernière version, accompagnée juste au piano. Par moi, donc. Vanessa était allée s'enfermer dans une cabine du studio et j'avais rejoint le piano dans une autre. Nous étions donc isolés, chacun dans sa pièce obscure, casques et micros grands ouverts, connectés l'un à l'autre par le son uniquement. Cette intimité soudaine m'avait rappelé que je ne connaissais presque pas Vanessa et m'avait beaucoup fragilisé, ce qui peut être bon pour la musique. Je l'entendais respirer dans mon oreille. Ce n'est pas rien. Alors j'avais décidé de jouer de la manière la plus douce et aérée possible. Le son dans le casque était magnifique. Vanessa avait commencé à chanter, pure et sensible. Après deux prises en apesanteur, nous étions allés rejoindre le reste du groupe qui nous regardait avec des yeux ronds et rouges.
Nous avions trouvé notre Junior Suite et je venais de rencontrer Vanessa.



Au mois d'août dernier, au lendemain de mon concert à Montréal, je recevais un message de Vanessa me proposant, à l'occasion de l'édition d'un best of, de ré-enregistrer deux de ses anciennes chansons pour en faire la version-qu'on-rêve-d'entendre-aujourd'hui. C'est une idée qui m'emballait. Je me souvenais de la tournée d'Alain Souchon pour laquelle nous avions un peu fait cela et j'avais adoré jouer et entendre ses superbes chansons dégagées du style qui les liait tant à leur époque et qui, je dois l'avouer, m'en gâchait parfois un peu l'accès.
L'enregistrement devait avoir lieu une semaine plus tard, dès mon retour à Paris. Nous allions devoir tout décider par skype. Alors, face à nos écrans, nous nous étions mis à rêver de Marylin et John perdus dans le désert, de Vagues à lames ou Scarabée enrobées de bois et d'air, d'instruments rustiques, doux, chauds, de piano, d'envolées de cordes, de couleurs brunes...
Au studio Ferber, une semaine plus tard, j'avais la trouille.
J'étais pour la première fois responsable d'un enregistrement de Vanessa. J'avais écrit pour un trio de corde. Elles arrivaient dans une heure et je ne les connaissais pas. Vanessa ne connaissait pas l'arrangement que j'avais écrit. J'avais bien essayé de le lui chanter par skype, mais le décalage de quelques secondes, et ma voix assez éloignée du son des violons, nous avaient compliqué la tâche...
Alors que je lui jouais au piano ce que pouvait devenir Scarabée, Vanessa, assise à côté de moi sur le tabouret me faisait une remarque qui montre bien la précision et la finesse de son rapport à la musique, et à l'émotion. Si tu dramatises le piano comme ça, je vais pleurer, c'est sûr, mais ce n'est pas ce que je veux. Ça doit être plus subtil.
Tout s'est très bien passé, en douceur, et à la fin de la journée, l'enregistrement de sa voix m'a confirmé que Vanessa est une interprète idéale : l'actrice et la musicienne en elles sont parfaitement équilibrées, épanouies. Elle est sûre, forte, et elle peut être fragile aussi. En remarquant ça, j'ai compris comme une évidence que plus la musique lui laissait de place, plus Vanessa était forte. Je me le suis tatoué sur le bras pour ne pas l'oublier (je déconne).
Les deux chansons nous ont beaucoup plu et rapidement il a été question de pousser cette idée plus loin. Faire un concert pour fêter la sortie du best of, en ajoutant treize autres chansons puisées dans son répertoire, les soumettant à la même remise en question : Qu'aime-t-on dans cette chanson, et comment voudrait-on l'entendre. Le rêve pour un arrangeur. Cette fois j'étais à Paris ou en Suisse, Vanessa était en Amérique. Skype chauffait ! Nous choisissions les chansons qui nous inspiraient, en négociant parfois : je n'avais pas envie de faire Dans mon café, mais elle la voulait absolument (Au final j'aime beaucoup la folie et la bizarrerie de cette chanson, et son début où Vanessa commence seule avec les percussions). Je voyais Joe le Taxi roulant à 200 km/h sur une autoroute, mais au ralenti. Je lui proposais dix idées pour I wouldn't dare mais aucune ne lui plaisait, je m'arrachais les cheveux ET la barbe. Parfois, en plein skype, pour lui faire entendre une idée, je partais dans la pièce à côté pour lui jouer un truc au piano, abandonnant Vanessa sur l'écran de mon mac, face à mon bureau vide... (j'aime l'incongruité de cette scène, vue par exemple par un homme préhistorique).
Nous parlions beaucoup de ce que nous voulions exprimer. Comment donner du relief à un concert en y excluant l'énergie pop-rock, l'électricité, mais en gérant avec précision les rapports entre les chansons. Comment frapper un grand coup en effleurant nos instruments (les instruments sonnent tellement mieux quand on les joue doucement). Comment on peut être aussi expressif en taisant quelque chose qu'en le criant. Comment nous pouvions faire entrer son public, plus habitué aux Zéniths et aux concerts puissants, dans un récital doux, où le silence est l'un des membres importants de l'orchestre !
Je lui parlais de mes amis, le groupe qui m'accompagne dans mes concerts, qui sont si avancés dans cette démarche. Raphaël qui joue des percussions sur des objets, des sachets, de sa boîte d'allumettes contenant 4 allumettes (5 font trop de bruit). De Pascalou qui joue tout ce qu'il veut sur tout instrument, avec une sensibilité et un style très affirmés, et bien sûr de François et de sa dentelle qu'elle connaissait bien puisqu'il était de la précédente tournée. Nous parlions d'un quatuor à cordes hyper-expressif, dont les membres joueraient éventuellement de la guitare, des percussions, chanteraient les chœurs...
Nous réfléchissions à la façon dont le mot acoustique était galvaudé (Christophe Maé en tournée acoustique avec basse et batterie, dans des Zéniths, tout le monde en tournée acoustique, pourquoi pas ma grand-mère en acoustique, les Bronzés en acoustique, ACDC en acoustique re-électrifié...).
Ce concert a eu lieu à la Cigale en novembre 2009. Très impressionnant pour nous, puissant, et frustrant car unique. Mais il nous a beaucoup plu à tous. Il est passé en janvier sur Canal plus. Et très vite, il a été question de le rejouer.

Nous sommes partis en tournée l'été suivant.
Après des heures de skype, le projet du concert était dessiné. Vanessa y jouerait plus qu'avant. De la guitare mais aussi une partie de clavier qu'elle avait trois mois pour maîtriser, ce qui ne lui faisait pas plus peur que ça. Nous allions ajouter Bliss, Be my Baby, When I say, plein de chansons que j'aime et qui me donnaient plein d'envies et d'idées, et puis Tandem que je n'aime pas trop. Mais nous allions trouver un truc sympa... Et nous allions vivre un très beau moment musical et humain, tous ensemble. Musiciens, techniciens, la main dans la main, heureux, beaux, nus, chantant l'amour et les fleurs. Je déconne. Mais pas tant que ça.
Théâtres, théâtres antiques, Casino de Paris, l'hallucinant Opéra Royal du château de Versailles... de beaux endroits, des endroits à l'acoustique et à l'atmosphère en accord avec nos choix musicaux. Et du champagne.
Et très vite, il a été question de recommencer... mais à l'étranger. Et pas n'importe lequel : l'étranger non-francophone. Depuis que je ne joue plus avec Salif Keita (dix ans) mes occasions de jouer devant des étrangérophones se comptent sur les doigts de Django Reinhardt. Donc, avec une joie mêlée d'orgueil, après une semaine aux folies Bergères à Paris fin janvier, nous nous envolerons pour Istanbul, Londres, Tel Aviv, Los Angeles, New-York, Montréal.
Enfin, s'envoler... je préfère pas trop prendre l'avion, moi. Je crois que je vais suivre en optimiste.






vendredi 8 octobre 2010

In-sect.tv





Interview réalisée par Mathieu B. Michon pour le blog In-sect.tv où il est question de la Loge, de l'absence de sonorisation, de fragilité...

samedi 2 octobre 2010

La Loge, 2010




Voici une vidéo, prise par un spectateur, qui raconte bien ce que permettaient les concerts à la Loge en 2010. Pas de sono, 90 personnes maxi. Pas de chichis...
J'en garde un très grand souvenir.

lundi 12 juillet 2010

Be my baby !




Vanessa Paradis - Be my baby (extrait du dvd Une nuit à Versailles)

Avec :
Albin de la Simone - wurlitzer, sifflement, arrangement
François Lasserre : banjo, vibratone
Pascal Colomb : basse, vibratone
Raphaël Chassin : percussions
Karen Brunon : violon
Akemi Fillon : violon
Christophe Briquet : alto
Elsa Fourlon : violoncelle

Filmé par François Goetghebeur et sa clique
Mixé par Olivier Lude

samedi 1 mai 2010

Iggy Pop et Catherine Ringer




Extrait de la Musicale diffusée en mai 2009 (Canal +)

Avec :
Parc Phaneuf : clarinette
Éric Mula : trompette
Michaël Joussain : trombone
Geoffrey Burton : guitare
Albin de la Simone : orgue Hammond B3
Fabrice Eulry : piano
Hal Craigin : basse
Kevin Hupp : batterie

jeudi 10 septembre 2009

Studio 12





En duo avec mon amie la chanteuse Stéphanie Lapointe.

Enregistré à Montréal en septembre 2009 pour l'émission Studio 12 de Radio Canada.

Nous sommes magnifiquement accompagnés par Émilie Laforest et Marie-Pierre Arthur (voix), Joseph Marchand (guitare) et le quatuor des Mummies on the run, emmené par Mélanie Belair (violon).

D'autres vidéos de la même émission sont en ligne sur Dailymotion.

mardi 1 septembre 2009

Astral Montréal


















En août 2009, rentrant du Québec, j'ai ressenti le besoin de partager. 
Voici le récit d'une aventure hors du commun, entre dinosaures, kidnappings, clubs, art contemporain, peau humaine et femmes à poil.

Cliquez ici-même pour le lire depuis la page 1...


Les photos sont de Céline Gaudier.

vendredi 31 juillet 2009

Vertiges !




Sarah Murcia & Albin de la Simone
Vertiges de l'amour (bergman/Bashung)


Extrait de Nighting eighties, une émission de Paul Ouazan diffusée sur Arte durant l'été 2009.


Pour cette émission, Sarah et moi avions arrangé une bonne dizaine de tubes des années 80 (Sara perche ti amo, 99 Luftballons, Sweet Dreams, Ghostbusters...) pour quatre interprètes : Dave, Élise Caron, Marc Thompkins et Brad Scott, et un super orchestre (nous l'avions fait deux ans plus tôt pour les tubes de l'année 1967)


Paul Ouazan nous a demandé de nous y impliquer aussi en tant que chanteurs... on a choisi cette incroyable chanson de Bashung. Aujourd'hui j'adore chanter Vertiges de l'amour, et même si Sarah me manque, je la chante à chaque concert.


L'émission est en noir et blanc, elle est belle et étrange, comme tout ce que font Paul Ouazan et ses amis !

samedi 11 juillet 2009

ADLS selon Edwige


Le samedi 11 juillet 2009, par Edwige


Je ne sais pas pour vous, mais quand quelqu’un me touche (au sens figuré du terme évidemment !), c’est souvent parce que je devine en lui l’enfant qu’il a été. D’ailleurs je n’y suis pour rien, Albin de la Simone ne s’en cache pas...

au Café de la Danse, 
Paris, avril 2008


On l’a vu sortir d’une répétition avec son cartable (bon, c’était sans doute prémédité, mais ça marche pour moi), porter une veste rouge pétant assortie à la fourrure synthétique de son clavier ; il ne résiste pas à l’assaut des pains au chocolat, roule en scooter, et surtout, côtoie de drôles de créatures (une sirène sensuelle et possessive nommée Simone, un trio de sœurs végasiennes toxicomanes et hystériques, sans parler de toute la clique des pique-niqueurs : José Jambon, Francine Nappe, Hugo Table, Benjamin Pain, Anso Cisson, Frida Frigo, Marie Eau, Luc, Luke et Luque / les frères Transat [1]).
Bref, Albin, vous l’aurez compris, fait partie de ceux qui me touchent [2]. L’univers de l’enfance affleure dans plusieurs chansons sur un mode doux-amer où l’insouciance enfantine se heurte à la réalité absurde des grands. Dans la forêt d’Albin, les naïves jonquilles, crocus et perce-neiges se mêlent aux chardons et aux orties ; « [...] les deux lutins font une offrande aux deux ennemis qui les protègent » ; le bijou des contes de fées devient un misérable « diamant de verre poli », et la vie rêvée un « matelas de verre pilé » [3]. Cette chanson, derrière ses airs tranquilles et ses parfums d’innocence, résonne comme une charge contre la famille, le mariage, le divorce, avec tout ce qu’il faut d’ironie grinçante. Le refrain mené par les cuivres sonne un peu comme une plainte, avec un brin de nostalgie.


avec les choristes Rose et Barbara Barnes


L’enfant terrible [4]

Dans certaines chansons apparaissent en filigrane des sujets aussi inattendus que le divorce (Ils cueillent des jonquilles), le suicide (Ton Pommier) ou la pédophilie (Notre homme). Autant dire qu’il s’agit de sujets graves pour qui est habitué aux thèmes consensuels de la chanson française [5]. Quant au microcosme organique de Il pleut dans ma bouche, il nous rappelle avec poésie la douleur solitaire d’une dent arrachée – prétexte au chagrin, sans doute, que l’enfant éprouve alors que « [s]es parents dorment dans leurs deux lits » ?
Se prêtant volontiers à l’auto-fiction, Albin nous fait avec J’ai changé le récit d’une enfance et d’une adolescence hautes en couleur, que vient couronner la scène de dépucelage décrite avec truculence dans Non merci [6].
La relation frère-sœur trouve son pendant, à l’âge adulte, dans celle du couple explosif homme-femme : qu’est donc la chanson Du bon côté, sinon la parodie sado-masochiste d’une triviale scène de ménage : « Claque des dents tant que tu peux car une à une je les scierai » ? Le troisième album réactive ces thèmes dans Vendéen, mais cette fois-ci c’est la revanche féminine : « Sans mes mains c’est pas permis / D’avoir de jolis SEINS / Sans mes mains que tu mutiles / Que tu coupes à la SCIE ». Dans ces chansons, Albin parle à la première personne, et s’adresse à sa partenaire comme dans un dialogue quotidien. Ce procédé facilite l’identification des auditeurs. D’ailleurs, les chansons populaires suivent souvent ce modèle d’universalité : plus elles sont simples, plus il est facile de s’y identifier [7]. Toute modestie mise à part, Albin sort du cadre, non seulement parce qu’il cède sans vergogne à une facétieuse provocation, mais aussi parce qu’il travaille énormément son texte, d’une rare densité sonore.

Masculin-féminin

Combien de fois rencontre-t-on, dans les chansons d’Albin, d’allusions grinçantes à la relation de couple ? Combien d’allusions parodiques à l’érotisme ou, à l’inverse, au sentimentalisme outranciers ? Certes, Albin nous prodigue des rythmes denses, des mélodies simples qui nous trottent dans la tête des jours durant, mais il n’est pas permis de manquer le texte. Ce serait un crime de lèse-poésie. Bien des détours de phrase valent qu’on y prête l’oreille : « D’abord, je le devine, vous vous refuserez à céder comme celles en qui je suis passé. » Et oui, il faut l’entendre, cette préposition culottée, aussi discrète soit-elle, dans Avant tout I want you (le drame d’un mariage arrangé, qui fait de l’homme et de la femme les caricatures d’eux-mêmes, sur fond de romance à l’eau de rose). « Quand j’aurai du temps, on ira courir mouillés dans le vent sans craindre le pire. / Alors enrhumés, on s’enfermera, on boira du thé et on copulera. » et dernière phrase « quand j’aurai du temps tu seras partie » (Quand j’aurai du temps) [8] ; les promesses, les projets, la famille et le sexe se bousculant dans la joie et la bonne humeur...
Les clichés amoureux abondent et viennent nourrir l’imaginaire déjanté d’Albin pour créer une nouvelle « comédie humaine », légère et facétieuse. Le motif de la lettre enflammée réapparaît souvent (Avant tout I want you, Les Piranhas, J’aime lire, J’avais chaud). Dans Avril 4000, on pourrait croire qu’Albin s’est inspiré de l’expression « l’amour rend aveugle » dans le refrain « nous ne verrons que nous » répété inlassablement, jusqu’à saturation, l’idéal fusionnel donnant lieu à un texte poétique étonnant. En tout cas, une chose est sûre, l’amour frise souvent l’absurde (Elle aime, Tu es là, Je te manque, Vendéen).

Le théâtre du corps

Comme Albin le reconnaît lui-même, le corps tient une place de premier plan dans ses chansons, qu’il s’agisse des textes ou de leur mise en scène lors des concerts [9]. J’irais jusqu’à parler d’une anatomie quasi fantastique, dans Délice et Simone notamment. Dans la première chanson, Simone s’apparente à une étrange sirène, d’où une mélodie trouble, criblée de tritons, nous laissant imaginer la danse sensuelle, presque nuptiale dont elle gratifie Albin sans aucune pudeur. Ce « délice » musical s’élabore à partir de l’élément aquatique, qui concentre en lui-même tout le trouble et l’ambiguïté requis pour figurer la volupté. La créature, telle une algue mi-végétale, mi-humaine ou encore mi-humaine mi-méduse, laisse échapper de ses flancs alvéolés un exsudat vireux. Simone est une magicienne, une sorcière qui se fait un plaisir de cuisiner Albin. Son insidieuse féminité, que matérialisent ses « langues nodulées », le méduse : tel un « pacha transi », il est « prêt à mourir ». Dans le petit poème intitulé Simone, Albin est de nouveau transi, de froid cette fois puisque son ogresse marraine « [l’]enferme dans une chambre froide jusqu’au mois d’avril ».
Albin a, comme nous l’avons déjà évoqué, élaboré un mythe à partir de son patronyme. « Simone » est le nom d’une petite rivière de Picardie ; c’est elle qui a donné son nom à la drôle de créature apparue dès le premier album dans Délice. Elle a également fait une apparition remarquée dans le livret du deuxième album, imposant ses gribouillis sur le portrait d’Albin. Dans la généalogie des chimères d’Albin, on trouve, avant Simone, dans le premier album, le gang des piranhas terroristes (d’ailleurs victimes d’un Albin pyromane) : « Je crois bien qu’il y en a un géant qui joue dans le piano. » Les chimères d’Albin sont toujours mélomanes...

Notes

[1] Vous pouvez trouver leurs biographies et portraits respectifs sur le site de Benjamin Demeyer. Mon pique-nique est « un livre plein de belles histoires et un disque en vinyle tout blanc rempli de jolies chansons ». Y ont participé, entre autres, Albin de la Simone, Jeanne Cherhal, Superflu, Major de Luxe. J’en profite pour faire un peu de pub : il reste encore des collectors en supracolor, alors précipitez-vous avant qu’il ne soit trop tard !

[2] Il ferait bien partie de « Ceux qui veulent bien n’être / Qu’une simple fenêtre / Pour les yeux des enfants », pour citer les paroles d’Anne Sylvestre qu’Albin a lui-même reprises dans un trio, aux côtés de Vincent Delerm et Jeanne Cherhal ("les gens qui doutent").

[3] Moi qui ai bûché pendant un an sur les Illuminations de Rimbaud pour rédiger une maîtrise ennuyeuse qui s’empoussière aujourd’hui au fin fond d’une UFR de lettres, je ne peux cacher mon enthousiasme devant la musicalité d’une telle expression. C’est simple, et pourtant... Un pur plaisir sonore !

[4] J’aime bien la définition de la Wikipedia anglophone : « [...] a child who is terrifyingly candid by saying embarrassing things to adults, especially parents. The Webster’s Dictionary also defines an enfant terrible as an unusually successful person who is strikingly unorthodox, innovative, and/or avant-garde. »

[5] « Dans le domaine de la musique, le mot “variété” qualifie aussi des morceaux aux arrangements très sucrés, où le recours au thème de l’amour malheureux est systématique. », La marmite, coll. « Carré », La machine à cailloux, 2007, p. 22.

[6] Jetez un coup d’œil au clip de la chanson, non moins décoiffant...

[7] « Quel que soit le sujet qu’il m’arrive de traiter, amusant ou dramatique, je cherche toujours la forme la plus simple et la plus puissante pour communiquer au mieux, pour évoquer les émotions ou les événements les plus complexes de la manière la plus simple. Voilà l’essence même de la chanson, je ne pense pas être original en l’affirmant. », op. cit., p. 15 et à propos de J’ai changé, p. 16.

[8] Albin, il faut le reconnaître, est extrêmement doué dans l’art de la chute (Ton pommier, Quand j’aurai du temps, Elle aime).

[9] « Et puis, plus j’avance et plus je m’aperçois que j’ai un corps et pas seulement une tête. À mon grand étonnement, je constate que nombre de mes chansons évoquent des sensations physiques, des organes ou des situations qui mettent en jeu le corps, comme Cigare, Je te manque ou Non merci. Depuis que j’ai arrêté de fumer, j’ai pris conscience et aussi possession de mon corps. La scène reflète ces changements tout personnels. Mon corps y prend de plus en plus de place : je saute, je danse, je bouge, je vais m’asseoir au bord de la scène pour chanter avec le public, etc. », op. cit., p. 29.

jeudi 9 juillet 2009

Aux bouffes du nord




Camille - Elle s'en va
Avec Anne-Emmanuelle Deroo (danse)
et Seb Martel (guitare)

Camille et Seb Martel viennent de faire le plus beau concert que j'ai vu d'elle, et de lui. Incroyablement fort et beau, dans le théâtre élégamment délabré des Bouffes du Nord. Pendant près de deux heures je me suis dit "voilà une belle raison de faire de la musique". Ce n'est pas rien. Ça veut dire aussi que j'adorerais vivre ça avec eux.
Après le rappel, Seb appelle la danseuse Anne-Emmanuelle Deroo à les rejoindre sur scène, et, puisqu'il sait que je suis là (il m'a offert la place !), me propose de les rejoindre. Mon sang ne fait qu'un tour. Non il en fait trente, mais en une seconde.
Je ne connais pas cette chanson mais Seb m'explique qu'il y a deux accords, pas de virage dangereux, je peux me laisser aller.
Par chance quelqu'un filme.

Voilà une belle raison de faire de la musique.

vendredi 29 mai 2009

Iggy Pop - I want to go to the beach




Enregistré à la maison de Radio-France le 29 mai 2009.

Avec :
Geoffrey Burton : guitare
Albin de la Simone : piano
Hal Craigin : basse
Kevin Hupp : batterie

Iggy Pop - King Of The Dogs




Enregistré à la maison de Radio-France le 29 mai 2009.

Avec :
Parc Phaneuf : clarinette
Éric Mula : trompette
Michaël Joussain : trombone
Geoffrey Burton : guitare
Albin de la Simone : piano
Hal Craigin : contrebasse
Kevin Hupp : batterie

mardi 3 mars 2009

Bungalow (réédition 2CD 2009)

  1. Catastrophe
  2. Adrienne (en duo avec Vanessa Paradis)
  3. J'aime lire
  4. Sympa
  5. Ce pull
  6. J'avais chaud
  7. Mon ami mythomane
  8. Vendéen
  9. Parle-moi
  10. N'importe quoi
  11. Le tire-fesses

(micro concert non amplifié devant un public choriste)
  1. De bonne humeur
  2. Parle-moi
  3. J'avais chaud
  4. Le tire-fesses
  5. Ce pull
  6. Catastrophe
  7. Mes amis
  8. Vendéen
Les vidéos de cette session sont visibles dans la rubrique vidéos albin de ce site.




Photo : Grégoire Alexandre
Graphisme : Frank Loriou

Cinq7/Wagram - Éditions Wagram/Bobine

Réalisé par Albin de la Simone
Enregistré par Laurent Binder au studio Ferber en public.
Mixé par Marlon B au studio Magnetica
Avec François Lasserre (guitare), Pascal Colomb (guitare) et Raphaël Chassin (percussions)